C est par une belle matinée de printemps que la petite Soupa décida de sortir de la fleur dans laquelle elle habitait depuis toujours. Courageuse mais pas téméraire ce furent les rayons du soleil et la douceur du vent qui l'incita à déployer ses ailes.
Ces premiers jours de liberté elle les passa à humer les fleurs, se nourrissant de la rosée du matin et des fruits mûris au soleil de l'après midi. Elle n'avait personne d'autre à s'occuper, que elle, si ce n'est des lapinous blessés qu’elle soignait grâce à ces connaissances en alchimie.
Pourtant et au fil du temps son inquiétude grandissait, les blessures des lapinous étaient de plus en plus profonde, et son cœur souffrait de ne pas les voir tous survivres.
Quelques temps plus tard, alors qu'elle cueillait des fleurs de lins dans les champs d'Ingalls, elle entendit des bruits de batailles. Bien qu'elle soit non violente, elle décida de s'approcher pour savoir qui osait amener la destruction dans ces chers champs.
A ces yeux apparut un monstre, grand, poilu, la bave aux lèvres, il était accompagné d’un arbre maudit qui tendait ces racines en direction d’un valeureux guerrier qui tentait de résister à leurs assauts. Comprenant que les arbres et les créatures de la foret devenaient fou, elle décida d’apporter son aide au feca guerroyant, et avec l'aide de sa baguette lui lança un sort qui lui permis de porter plus de coups à ces adversaires.
Alors que Soupa s’apprêtait à repartir dans ces champs de fleurs et ces prairies ensoleillées elle entendit le noble guerrier prononcer son nom :
« Soupa ? Tu es bien Soupa n’est ce pas ? »
« Oui » répondit-elle, prudente.
« On m a parlé de toi et de ta connaissance des plantes, je viens quérir ton aide »
Même si Soupa faisait confiance à son instinct et à son cœur pour la guider dans la vie, elle n’accordait pas facilement son aide, et était peu dispensieuse de ces sentiments et ressentis. Toutefois, cet étranger l’intriguait et elle décida d’écouter ce qu’il avait à lui dire.
« Qu’attends tu de moi lui demanda-t-elle »
« Comme tu l’as vu la guerre est aux portes de ton domaine, chaque jour le mal grandit et grignote les cœurs. Ta connaissance me serait précieuse pour rétablir l’équilibre dans nos contrées »
Les arguments lui semblaient justes, pourtant, elle n’était sûre de vouloir et de pouvoir se lancer dans cette aventure.
« Je peux t'apporter mon aide pour tes blessures présentes, et t’enseigner ce que tu ignores. Pour le reste tu devras m’accorder le temps de la réflexion »
« Soit, commençons par soigner mes plaids alors ».
Elle parla peu durant le trajet qui les mena à la clairière où elle se cachait du monde. Elle lui posa quelques questions laconiques sur sa vie et son histoire. Elle apprit son nom et derrière les mots qu’il prononça elle ressentit une douleur profonde, beaucoup de révolte et surtout un grand besoin de partage.
Après quelques temps de marche Soter et Soupa atteignirent enfin l’arbre qui lui servait de retraite. Il se dressait seul et majestueux au centre de la clairière, une telle impression de tranquillité irradiait de se lieux que le fait de fouler son sol faisait disparaitre l’idée du départ.
Venue d’un autre âge et d’un autre temps l’arbre plongeait ces racines au cœur de la terre.
Sa cime était particulièrement haute, pourtant l’orme n’écrasait pas la forêt environnante, plus que cela il semblait la protéger. Grâce à ces ailes Soupa était libre de virevolter parmi les feuillages et d’atteindre les différentes plateformes que l’arbre recelait.
Constatant son incapacité à rejoindre la terrasse la plus basse Soter prit un air contrarié mais refusa de se laisser abattre par la difficulté. Courageusement il s’approcha de l’orme pour l’examiner afin de trouver une prise. Le rire argentin de Soupa résonna dans ses oreilles.
« Pourquoi te moques-tu ? Je ne sais pas voler, mais j’ai appris à grimper aux arbres et si je tombe je me relèverais »
« Alors tu m’apprendras » il ne sut jamais à quoi elle faisait allusion, mais par la suite il lui apprit plus qu’elle n’avait cru possible.
« Pour l’instant ce que tu considères comme un obstacle n’en est pas un, lui répondit-elle. Si tout le monde savait voler, le monde perdrait son essence. C’est la différence et l’acceptation de celle-ci qui nous rend plus fort. Mais cela ne doit pas nous empêcher d’apprendre et d’avancer »
Elle lui tendit la main. Circonspect quelques secondes, il finit par tendre la sienne, et leurs doigts s’effleurèrent. Instinctivement il ferma les yeux, et s’ouvrit aux sensations qui l’envahissaient. De sa main libre elle effleura l’écorce de son protecteur avec délicatesse.
Ce que Soter ressentit il ne nous appartient pas de le raconter, comment Soupa s’y prit resta un mystère mais lorsque leurs yeux se rouvrirent l’orme avait tressé des passerelles afin que Soter puisse rejoindre Soupa dans son monde.
Leurs doigts restèrent entrelacés quelques instants, puis se relâchant doucement et nos deux héros entreprirent de rejoindre l’antre de la jeune eniripsa.